Partager l'article ! Encore un article sur le Kiaï....: La recherche est longue lorsque tout repose sur le souffle, l'air victorieux qui s'échappe, je l'appelle le ...
La recherche est longue lorsque tout repose sur le souffle, l'air victorieux qui s'échappe, je l'appelle le vent de la liberté. Nous avons de la chance de respirer et de déployer nos poumons....
Bon, en aïkido, qu'est ce le kiaï ? Peu utiliser souvent dans les courants d'aïkido, l'école d'Iwama ryu a comme particularité de faire travailler le Kiaï dès le début de l'apprentissage. Le professeur demande souvent aux élèves "du Kiaï". Prononcé qui-aïlle en fait !!
Dans la compréhension que j'ai de ma pratique (9 ans), à ce moment précis je fais le point sur le kiaï, mais cet article reste un point de vue personnel et évolutif au fils des années, j'espère et non pas une lesson de chose de madame je-sais-tout ! Au contraire, vos commentaires et opinions sont les bienvenus .....
Le kiaï est un cri de défense et d'attaque, victorieux et dynamique, permet d'être bien synchro dans les prises, plus incisif, performant dynamise et ajuste l'attaque. Sur une attaque rapide, un cri franc et tranchant a pour effet de déstabiliser le partenaire, voire même de lui faire un peu peur, toujours un effet de surprise.
En défense le cri permet de reprendre le dessus sur l'attaquant, d'être awase c'est à dire dans le même tempo et tout prend alors une autre dimension. Une bonne "défense", un bon kiaï, plus modulé, plus profond et long ainsi qu'un bon placement des hanches facilite le déséquilibre du partenaire (" on lui reprend ainsi le centre") en développant le ki, l'énergie . C'est une question de volonté de tempérament et de ki (d'énergie).
Un kiaï fort, c'est comme le cri du nouveau né, plein de vie et qui sort victorieux du ventre de la mère !
Il faut écouter le KIAI de O SENSEI !! et prendre exemple !
Pour ceux qui dénigrent l'importance du Kiaï, cette vidéo est édifiante et se passe de commentaires...
Le pratiquant débutant hésite et parfois n'arrive pas à sortir ce cri, car ainsi il dévoile un aspect de sa personnalité. Poussé le cri, c'est s'affirmer soi-même et au sein du groupe. A Iwama Ryu, aucun passage de grade sans Kiaï !!
Dans les stages, Daniel Toutain demande parfois de pratiquer avec un kiai silencieux, autre forme d'approche du kiaï.
Pour travailler le cri, il faut du temps et une incessante recherche. A mon niveau, je peux faire la synthèse de ce que j'ai déjà appris dans d'autres disciplines (yoga, chant, Qi gong...). Le cri repose sur le souffle qui, faisant vibrer les cordes vocales provoquent un cri. Le souffle rejoint donc le travail de respiration. Il ne suffit pas de gonfler les poumons !!! NON, il faut utiliser tout le système respiratoire (poumons, diaphragme et le ventre) afin de descendre la respiration dans le ventre, le hara.
Au yoga, en choral (technique de chant), les élèves se concentrent pour respirer avec le ventre (on augmente ainsi sa capacité d'air), ce qui facilite la relaxation (no stress) et le travail du son (modulation, longueur).
J'ai déjà pratiqué plusieurs fois la respiration alterne au yoga (visualiser son système respiratoire) et la respiration inversée au Qi Gong (on inspire avec le ventre, expire poumons et inversement ce qui masse le ventre et la colonne vertébrale).
Voilà tous ces exercices pour maîtriser à mon petit niveau le cri sans me casser les cordes vocales ni déclencher de migraines chez mon partenaire d'étude !
Je suis convaincue de l'utilisation du cri qui permet au pratiquant de progresser dans sa pratique et je considère cette recherche, en plus du reste (placement des hanches, études des coupes, harmonies avec le partenaire, pratiquer un budo, utiliser les systèmes de levier et de pivot, déséquilibre son uke etc.... la liste est longue) comme primordial.
Pour l'anecdote, en stage (lorsque je peux y aller, n'étant pas une adepte des stages), je reconnais les personnes sur le tatami aux cris et je sais qui est là, c'est comme une empreinte personnelle que nous laisserions dans la mémoire collective et au sein du groupe, une trace auditive en plus de l'impact au cours de la pratique.
A mon sens pour uke, recevoir un kiaï, c'est comme recevoir un atémi, cela détourne son attention et le surprend. Pour tori, donner le kiai est un don de soi et entraîne plus de kokyu ho dans son entraînement.
Saito sensei "si on enlevait kokyu ho, c'est comme si on enlevait la force à un sumo". Pousser un kiai est quelque chose de naturelle qui donne beaucoup de ki, d'énergie et permet une bonne progression.
Our dojo.
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